Notre Ecole à travers les temps

l'Ecole en 1909

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L'école sous l’occupation

Témoignages de personnes du village recueillis lors de l'exposition artisanale de 2004

Les instituteurs et institutrices

Mme Fainstein : « Je suis arrivée ici le 1er novembre 40 comme institutrice car j’avais été nommé d’abord au Havre mais l’école était occupée par les allemands, les classes étaient indisponibles. Alors, l’académie avait envoyé des nouvelles nominations aux jeunes comme moi pour les disperser dans la campagne.

J’ai commencé à faire la classe ici. C’était Mme Le Bihan qui était directrice. J’ai pris ma classe. C’était une classe de filles. Il y avait deux classes de garçons et deux classes de filles. J’ai pris la petite classe des filles. »

Mr Fournier : « Mr Auger est arrivé pendant la guerre, en 43 ou fin 42 peut-être. Il a remplacé Mr Rozan. J’ai été à l’école là à 6 ans en octobre 39. C’était Mlle Jouandeau qui était là. J’ai presque pas été avec Mr Rozan. Ca devait être sa dernière année. Après, Mr Auger est revenu. Mme Estegandi a remplacé Mme Auger. Mr Auger est parti en retraite avant sa femme. »

L’organisation des classes

Mme Fainstein : « On avait quand même du chauffage en hiver pour l’école, il y avait un poêle. Il fallait que j’allume le poêle avant que les enfants arrivent, que je l’entretienne dans la journée. Il y avait encore les grandes tables avec six élèves l’une à côté de l’autre.

A l’école, il y avait deux classes de filles et deux classes de garçons. Les garçons étaient à côté de la mairie et les filles de l’autre côté. On ne mélangeait pas.

La scolarité allait de 6 à 13 ans. Il y avait une classe avec les cours préparatoires et les cours élémentaires 1ère année, et les cours élémentaires 2ème année et les cours moyens étaient dans une autre classe ainsi que les cours supérieurs pour le certificat d’études puisque c’était jusqu’à 13 ans. L’école primaire durait plus longtemps.

Tous les ans au 14 juillet, on donnait la liste des enfants reçus au certificat d’étude. Ils recevaient un livre, un dictionnaire en principe. Et une année on a commencé à avoir autant de bacheliers que de certificats d’étude dans la commune. »

Les réquisitions de classe

Mme Fainstein : « Ils (les allemands) trouvaient des locaux à leur convenance pour s’installer alors ils prenaient place. On a dû déménager plusieurs fois parce que les allemands occupaient l’école. Les troupes sont arrivées un jour alors il a fallu déménager.

On a été faire la classe dans la salle à manger de Mme Paut qui était institutrice aussi, dans la grande maison derrière la boulangerie au fond du Parc. La maison de Mme Paut a servi pour la Kommandantur.

Et puis après on a fait la classe aussi dans un bâtiment qui se trouvait chez Mme Vallois, dans un bâtiment qui n’existe plus. Et il fallait monter un escalier qui était désolant. On montait dans un espèce de grenier.

Bref, on a déménagé plusieurs fois et même pendant un temps quand on était chez Mme Paut, on faisait la classe aux grands le matin et aux petits l’après-midi. Parce qu’il n’y avait pas de locaux suffisants pour accueillir tout le monde.

Les changements de classe étaient lié aux changements de troupes. »

Mme Vallois : « L’école était derrière ma maison. »

Mr Fournier : « Demandez à Jean (Thoumie). Tu te rappelles qu’on était à l’école au premier étage. Rozan (l’instituteur) nous avait puni. On est descendu par les poiriers. Les bâtiments sont tombés depuis. Ils étaient dans la cour de Mme Vallois. Il y avait un étage. On faisait l’école là. »

Mr Thoumie : « J’ai été à l’école à la « paillote » aussi (à l’angle de la rue de la mer et de la rue du Beaufournier). »

Mr Fournier : « J’ai aussi été à l’école chez Mlle Leroux. »

« Il y a eu aussi école dans un baraquement du père à Mr Anger : Alexandre. Il l’avait mis sur la place (des fêtes). On allait à l’école là-dedans pendant que les allemands occupaient l’école. A chaque fois, il fallait trouver un lieu pour faire l’école. »

Les activités scolaires et extra-scolaires

Mme Fainstein : « On allait avec les enfants chercher les doryphores dans les champs de pommes de terre. On passait des après-midi. C’était compris dans le temps de classe. On ramassait ces sales bêtes qui mangeaient les feuilles des pommes de terre. Il n’y avait plus d’insecticide.

Je me rappelle d’une famille d’ouvriers qui avait peu de moyens. Le père emmenait ses enfants à 5h du matin à Saint Aubin sur mer pêcher, pour avoir de quoi manger. Et les enfants revenaient à l’école après.

Alors j’avais dans ma classe une petite fille qui avait 6 ans qui arrivait à l’école fourbue. Elle se couchait sur son bureau, elle dormait jusqu’à midi. Je n’ai jamais eu le cœur de la réveiller…»